CHRONIQUES


Core And Co

L'opus précédent de Sofy Major m'avait laissé sur ma faim... Sans en refaire la chronique, ce disque se noyait quelque peu dans l'infinie multitude de groupes du genre screamo noise bla bla... Pas assez bon pour vraiment s'en dégager, pas assez mauvais pour que l'on en ait un mauvais souvenir. Oui, c'est une triste réalité : il n'y a pas assez de place dans ma mémoire (et dans mon coeur) pour tous ces groupes qui font de la musique cool, qui sortent des disques et qui bouffent de la route. J'en suis le premier navré.

Cela dit, tout ça n'est pas une fatalité. La passion n'a pas besoin du talent, mais le talent a besoin de passion. Et la passion, les clermontois de Sofy Major en ont à revendre ! Il suffisait d'attendre le talent, hein. Et même si le groupe n'a a ce jour sorti aucun véritable album, c'est vraiment jouissif de voir des groupes devenir vraiment intéressants d'un disque à l'autre. Jouissif mais frustrant dans le cas de Sofy Major. En effet, on est pas vraiment gâté : pour faire suite à un ep et à une poignée de courts split, Sofy Major nous sert un... maxi... soit un format encore plus court que l'ep puisqu'il ne comporte que 4 titres !

Sofy Major a évolué et nous pond des compos bien plus mémorables et intéressantes que par le passé, à la fois plus rock n'roll et plus sombres. On soulignera surtout la plus grande simplicité des compos sans parler de l'efficacité qui va avec. Par exemple Meurtre à Lezoux, première chanson de ce maxi, nous rentre direct dans le cerveau avec son riff d'ouverture inoubliable. Certes, la base screamo/hxc du groupe demeure, voire se fortifie, mais se faisant, elle se fait plus punk, plus directe. D'un autre coté on se retrouve aussi avec une plus grande place laissée aux ambiances plus nuancées et aux expérimentations. Deux titres sur quatre (oui, la moitié) sont clairement plus dans cette veine : enchevêtrements d'accords poisseux accompagnés de larsens et de samples inquiétants... encore une formule utilisée dans leur album précédent, mais avec moins d'aisance et de pertinence.

En bref les Sofy Major continuent de creuser les sillons qu'ils on entamés depuis quelques années, quitte à partir dans des directions plus extrêmes, voire opposées. Mais c'est fait avec classe, talent et finalement passion. On entend rien de moins qu'un véritable album pour pouvoir apprécier à sa juste valeur la profondeur d'un tel groupe sur au moins une demi heure... ça commence à devenir un minimum !


Devor-Rock

J'ai découvert ce groupe via un split EP qu'il partageait avec One Secont Riot. Ce duo de groupes français déchirait vraiment et ce premier Maxi 4 morceaux seuls du quintet de Clermont-Ferrand est également de grande qualité. Les ambiances sont très lourdes, oppressantes, des sonorités plus massives, plus compactes mais n'enlevant rien au caractère tourmenté de leur musique. La lignée est toujours bien screamo-core. Mais le groupe joue aussi sur certaines subtilités rythmiques et la voix du chanteur apparait mieux posée sur les compositions. Des morceaux comme "Endive" ou "Satan" ont l'art de vous envelopper des brumes sombres avant de vous faire exploser leur fureur en plein dans les tympans via des guitares vociférantes, le tout mené de main de maître par une rythmique lourde et oppressante. Un pur moment de bonheur noisy. Un groupe qui est passé au printemps au Carlo Lévi à Liège mais que je n'ai pu voir et qui je l'espère repassera prochainement dans nos contrées car sur scène, j'ai l'impression que cela risquerait d'être grand.


French Metal

De voir Fugazi comme une des influences de Sofy Major, et une nouvelle chanson intitulée "Mange Tes Morts", que voulez vous, moi ça me fait fantasmer. Et peut être que mon intro est brouillonne mais le groupe l'est tout autant. La première écoute du maxi de Sofy Major m'a aussitôt plu, une batterie sèche et des guitares parfois lourdes parfois saturées en tout cas noise font la personnalité du groupe. Le maxi débute par le titre "Meurtre A Lezoux" qui est un véritable coup de coeur, il comporte des montées en puissance parfaite. Je soulève peut être la sécheresse de la batterie qui persiste mais les mélodies abstraites déblatérées par le guitariste me plaisent. J'adore les rythmes cassés, les breaks, le chant parfois étouffé parfois limite screamo sur certains titres ("Endive") et le son vraiment noise du maxi accouplé à de magnifiques intros ("Need A Spank ?"). Pour finir, ce maxi hétéroclite évolue de titre en titre, parfois chaotique, parfois simplement rock, en conclusion Sofy Major se définissent eux-mêmes comme un groupe de noise hardcore qui évolue dans la pensée du DIY. Ok, du moment que c'est bon. Et ça l'est, "Need A Spank ?", ouais ça m'en a donné une bonne... Sofy Major c'était mon putain de moment de poésie, ils ont de l'avenir du moment qu'ils continuent à rester hors des sentiers battus.


Heavy Mental

Après un mini album qui m'est rapidement tombé des mains et après un split 10' partagé avec les lyonnais de One Second Riot et trouvé à peine plus intéressant, voici le retour de Sofy Major. Les clermontois ont du faire face à quelques changements de line-up et proposent ce nouveau maxi quatre titres via les labels Emergence records (site non mis à jour depuis un petit paquet de temps) et Communication Is Not Words (des pros de la com' et marketing quoiqu'ils en disent). Sofy Major a mis le paquet au niveau de la présentation de son disque avec un artwork signé Brian Cougar sérigraphié sur une pochette gatefold en gros carton. La galette de vinyle est elle aussi sérigraphiée sur sa face muette, faut pas gâcher. Mais c'est surtout question contenu que le groupe est passé à la vitesse supérieure, quittant les rivages d'un hard core à tendance juvénile et screamo (pléonasme) pour se rouler dans la boue puante d'un metal lourd fortement teinté de noise névrotique. Densification du son, étayage des compositions de l'intérieur et carapace urticante à l'extérieur. Le résultat est d'autant plus bluffant que l'on ne pensait pas Sofy Major capable de telles prouesses, attaquant l'auditeur directement à la gorge et ne le lâchant plus, l'étouffant lentement mais sûrement.
Guitares épaisses et poisseuses et rythmique ultra pesante (Meurtre à Lezoux) ne sont pas les uniques points forts d'un disque dans lequel petites bidouilles électro et samples malfaisants sont utilisés avec discrétion et efficacité, bien planqués dans le mix pour ne pas donner cette impression de greffe artificielle qui en général gâche tout. Sofy Major sait également se faire insidieux et particulièrement malsain (les ambiances industrielles et sales sur Endive) ou plus basiquement efficace et direct (Need A Spank ?, le titre malheureusement le moins original du lot). Final taillé sur mesure dans un brouillard obscur pour une grande orgie de sentiments dépressifs et sombres, Satan expérimente un chant plus nuancé (et clair), ramène à la vie quelques fantômes putrescents et bouffés par les vers, inverse les bandes -y a-t-il un message subliminal caché comme sur un vieux disque de Judas Priest ?- et les errances bienvenues des guitares ouvrent de nouvelles perspectives à un groupe dont on espère maintenant qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Et puis la face B non gravée a beau être très belle avec sa sérigraphie, on regrette quand même de ne pas pouvoir en entendre davantage...


Metalorgie

On s'attendait, moi le premier, à un premier album, il faudra se contenter d'un 12" éponyme 4 titres. Une demi-part largement suffisante pour faire passer Sofy Major dans la catégorie supérieure. Les gaziers ont resserré les rangs et concentré leur spectre musical. Un recentrage qui mène le combo encore plus loin en termes de maitrise, et SURTOUT, d'efficacité pure.

Sofy Major mène sa barque sur une vague véloce et massive. Sur la crête, une écume bouillonnante et magmatique. Les guitares grondent. Les guitares barrissent ("Meutre à Lezoux"). Les guitares sonnent la charge. Le son a pris du plomb dans l'aile. Les morceaux soufflent le froid sur l'échine, propagent des reflets indus(triels) et trompent l'ennuie à chaque instant. Noise, Hardcore, Giffle. Pas un temps mort. Pas un moment de moins bien. Une apogée ? Sans aucun doute "Need A Spank ?". Ce troisième morceau profite d'un riffing ondulatoire assassin, d'une batterie qui trouve la transe sans se mettre dans le rouge, et surtout, d'un chant qui creuse loinnnnnn les ultimes syllabes pour maintenir la tension maximale. Infaillible. Chargé de samples déshumanisés et acides (think early Jesu), "SATAN" ferme le sas. Tu es seul dans le caisson. Tu as beau tambouriner sur les parois, personne ne peut t'entendre. Il ne te reste qu'à relancer la machine.

Sofy Major s'affirme encore. Ce superbe 12" gatefold est leur ticket d'entrée dans la cours des grands dont ils se sont totalement affranchis pour livrer leurs propres tripes sur la table. Sofy Major marche sur des cendres fumantes et projette la douleur en mots et notes mâchés puis recrachés. Mange.


Next Clues

Quand on se retrouve avec un disque comme ça entre les pattes, difficile de ne pas commencer par parler de l'artwork. Signé Brian Cougar et sérigraphié en deux couleurs sur une pochette cartonnée et ouvrante par Arrache-toi un oeil, il se charge de t'arracher l'autre. Superbe. Le genre d'objet qui s'impose de lui-même tout en haut de la pile des nouveautés à découvrir, et qui en impose tout court, car le contenu est tout aussi classieux que le visuel.

Sofy Major a définitivement enterré ses débuts légèrement screamo et a solidifié son jeu. Ou l'a lapidé puis dynamité, parce qu'ici le groupe de Clermont Ferrand joue serré, les veines saillantes. La noise nerveuse qui dévale le long de ces quatre morceaux de bravoure est sombre, lourde et dure, avec des petits relents de vieux Unsane et Neurosis, mais toujours ficelée par une sensibilité purement européenne, quasiment nordique : Breach, Kurt, Lack et tout le tralala. Ça c'est pour le tableau vu de loin, parce que dans le détail, cette musique cataclysmique a mieux à proposer qu'un simple « à la croisée des chemins d'untel et d'untel » ou « on pioche dans le meilleur des 90's pour réécrire notre propre histoire ». Dans chaque recoin ont été casées des idées qui contribuent à durcir l'ambiance, des samples (?) stridents qui font grincer les chicots, des monologues qui se perdent dans le mix (un boulot Mouffinovitch : clap clap clap sur toute la ligne) et qui font remonter un putain de gros grain d'insanité. J'ai largement passé l'âge où l'on écoute de la musique pour combattre (ou attiser) un mal de vivre, mais pour la première fois depuis longtemps, une musique « torturée » ou « à vertus thérapeutiques » me touche vraiment, tout simplement parce que là-dedans rien ne doit être feint. La voix par exemple, elle aussi aplatie par les instruments, se débat pour remonter à la surface mais sans jamais trop en faire, sans le calcul des pleurnicheurs habituels qui espèrent que tous les yeux se focaliseront sur elle. Et compatiront. Il n'y a pas d'apitoiement dans sofy Major. Il y a juste un quatrième et dernier morceau, beau, lent et mélodique - malgré la craie qui crisse sur le tableau que j'ai essayé de décrire plus haut - qui sert à plomber l'ambiance une dernière fois, un peu comme l'avait fait Frodus avec son ultime album, le fabuleux And We Washed Our Weapons In The Sea, le disque que je vais ressortir de ce pas.

Une seule face de gravée ? Yep, parce que l'autre est sérigraphiée. C'est beau aussi, mais je crois que j'aurais préféré doubler ma dose. sofy Major s'est réellement fait plaisir en sortant cet objet de toute beauté, et le plaisir est partagé : 10x FUCK YEAH!


Noisy Town

Très actif, Sofy Major revient avec un nouvel EP. Toujours pas d'album mais seulement quatre titres, un gros virage dans leur discographie. Tout le bien qu'on pouvait penser du groupe auparavant s'accentue avec ce 12" encore plus personnel. Le groupe peaufine petit à petit son univers, l'exposant de plus en plus au chaos, dans une atmosphère beaucoup plus sombre. Les guitares noise résonnent mieux que jamais et semblent avoir pris plus de poids pour mieux nous écraser.

La première écoute peut même paraître déroutante, notamment l'aspect métallique de "Meurtre à Lezoux" mais qui se termine avec brio sur une pointe très noise hardcore. Des samples hantent certains passages, nous plongeant dans une ambiance angoissante ("Endive"). Sofy Major nous déstabilise jusqu'à nous exposer à "Satan" et ses multiples samples déroutant et hypnotisant qui submergent les autres instruments, le genre de truc qui aurait pu sortir de la tête de Justin Broadrick. La petite larme emo qui coulait le long de leur premier EP éponyme semble être essuyée pour de bon. Sofy Major s'affirme de plus en plus, laisse hurler ses angoisses et taille un univers particulièrement intéressant, encore plus axé vers le noise musicalement mais sans négliger la puissance du hardcore. Classe.


Perte Et Fracas

Je ne sais pas vraiment pourquoi mais avec ce nouvel enregistrement de Sofy Major je m'attendais en quelque sorte à un phénomène de surenchère, c'est sûrement le genre pratiqué ici qui me faisait penser ça : toujours plus fort, toujours plus lourd, toujours plus haut. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Mais pas dans le sens où je le pensais. Loin d'avoir radicalement changé sa musique, d'avoir pensé ne serait ce qu'un seul instant à l'adoucir ou à la rendre plus présentable (pour qui ?), le groupe n'en a pas pour autant profité pour jouer à celui qui gueule le plus fort et souffre le mieux. Non, Sofy Major a concentré ses nouvelles compositions de l'intérieur, ralentissant le rythme, blindant ses parties de guitares d'une sous couche malsaine qui finit de vous achever une fois essuyées les premières attaques frontales. Ce n'est pas de la roublardise ni même du vice mais un fort épanchement de personnalité (sombre et dure la personnalité les gars, une petit bière pour détendre l'atmosphère ?) qui vous colle instantanément aux tripes et vous racle le surmoi par les voies naturelles. Que du bon. Ces changements qualitatifs sont sûrement dus à un remaniement conséquent du line-up -un membre en moins, deux en plus- dont la principale conséquence est l'adjonction d'une guitare supplémentaire.
Mais le meilleur ce sont ces bidouillages imaginatifs (comme sur l'excellent Endive ou le très bien nommé Satan) qui servent vraiment à quelque chose et non pas uniquement à épater la galerie et surtout la voix qui est en très net progrès. Jusqu'ici cette voix c'était un peu le point faible de Sofy Major, le chant allo maman screamo qui joue au bras de fer avec la guitare, or celui-ci -sans renier sa sainte colère- est mieux placé (oserais-je dire plus pertinent ? allez, oui, j'ose) et bien posé, hop en plein dans ta face mais sans les postillons ni l'haleine du clakos mangé à midi. Ces quatre titres sont une étape importante pour Sofy Major dont le metal hard core écrasant (ha! cette intro de Meutre A Lezoux) et viscéral (le déjà nommé et macabre Satan) trouve enfin ses marques. Entre l'option lourdeur d'une pierre tombale infranchissable et l'option bienvenue dans mon cauchemar quotidien, le groupe n'a plus à choisir : il a su parfaitement mixer les deux.
(Un petit mot à l'usage des record geeks sur la présentation de ce disque : l'artwork est signé Brian Cougar, la pochette est gatefold et sérigraphiée, les quatre titres sont gravés sur la première face du vinyle tandis que la seconde est sérigraphiée elle aussi. Achetez ce disque, cela permettra à Sofy Major de manger des pâtes tous les jours et d'enregistrer enfin un LP complet)


Positive Rage

Sofy Major, de Clermont Ferrand, continuent leur descente dans les abysses de la noise et, plus prolifiques que jamais, nous proposent leur quatrième galette en à peine deux ans ! Comme d'habitude, le groupe a soigné sa présentation, avec une pochette vinyle qui se déplie et un graphisme signé Brian Cougar, imprimé en sérigraphie, sur carton recyclé, par les copains de Arrache Toi un Oeil. Personnellement, je ne suis pas très sensible au résultat un peu bordélique, mais l'effort est à souligner. D'autant plus que l'aspect graphique se prolonge sur une des faces du vinyle, ne laissant donc qu'une face de musique. La musique justement. Comme je le disais, Sofy Major ont définitivement plongé dans les entrailles d'une noise lourde et apocalyptique. On y ressent les influences de Unsane et Neurosis, qu'ils citent volontiers (mais qu'ils ne copient pas). Le son est un peu confus pour vraiment être efficace, mais le groupe aime plomber l'ambiance avec une musique qui se veut sombre et malsaine, chant saturé à l'appui. Je met malheureusement un peu de temps à rentrer dedans, laissant passer les deux premiers morceaux sans véritablement accrocher... Il faut dire que je n'écoute plus vraiment les disques de Unsane non plus. Puis, peu à peu, je décrypte le propos du groupe... Je me laisse séduire par cet aspect étouffant, et je rentre dans le trip sur le troisième morceau, pourtant dans le même esprit que les deux premiers. Mais c'est "Satan", le morceau qui clôture le disque dans une ambiance encore plus plombée qui me séduit définitivement. Les trois premiers titres attaquent en force, façon messe satanique, mais ce quatrième titre joue sur les ambiances bruitistes, avec chant parlé... pas si loin de l'esprit des premiers Bastard... Ça ne pouvait que me parler ! Toujours pas d'éclaircies à l'horizon donc, mais une conclusion en parfaite adéquation avec le propos. Dark !


Records Reviewers Are Pretentious Assholes

Version promo cadeau du nouveau 12'. Les Clermontois font chanter les guitares. Tu sens qu'elles sont heureuses de jouer. C'est l'autoroute, y'a aucune limitation de vitesse, ça file droit sans se retourner. Bref, rien que ça, c'est un véritable régal pour les oreilles. Puis y'a cette couleur métallique violente envoûtante et ces petites pincées de BOTCH (Endive, l'air de rien). Sinon, le chant a gagné en profondeur et s'intègre vraiment bien à l'ensemble. J'adore, j'adhère. En plus de ça, il me dédicace un morceau (Satan). Merci les mecs. Ah oui, quatre titres de cette trempe, faut pas abuser : c'est trop court ! Album, schnell !


Shoot Me Again

Ça s'ouvre de manière bien metal dites donc. Avec un gros riff lancinant, entêtant, abrutissant et hypnotisant. Puis ça bourine un poil... et ça se tire vers de la noise version post-hardcore. Efficace et épurée.

Depuis leurs précédents disques on sent l'évolution. L'alourdissement vers quelque chose de plus brut, direct et efficace. Les atmosphères sont bien gérées... et ce coté brut et sombre renvoi quelque chose d'assez massif. Comme une baffe dans la gueule? Mouais peut-être. Pour ma part cela me rappelle des groupes comme TANTRUM ou bien KNUT , voir UNSANE . Bref vous voyez le bazar. Ajouter à cela des samples aux ambiances acidulées et apocalyptiques, brrr de quoi donné une ambiance des plus « chaude » en concert!

Avec ce disque, les Français de SOFY MAJOR reviennent avec quatre titres. Ouais seulement quatre. Je trouve parfois dommage dans la scène actuelle de voir des disques sortir un peu trop vite. Faire un disque avec juste quatre titres, c'est un peu court. En même temps, ils sont très bons et marquent le son actuel du groupe! Cela permet de montrer que le groupe est toujours actif, de pas les oublier... Mais bon ce n'est que quatre (bons) titres. Pour combler cela ce disque est sorti en version LP une face avec sérigraphie, plus une couverture sérigraphiée également. Je sais pas vous en dire plus, j'ai qu'un CDR entre les mains. Artwork signé Brian Cougar, et sérigraphie faites par Arrache Toi un Oeil.

En attendant, je pense que SOFY MAJOR doit être un groupe qui envoie du gros son en concert. Attention aux oreilles donc... Mais ça doit se vivre dans les tripes aussi. Non?


Skartnak

Le groupe de Clermont-Ferrand Sofy Major revient en grandes pompes avec cet EP sans titre, tout frais, tout neuf.
Autant le dire d'emblée, Sofy Major ne fait toujours pas dans la dentelle ! On a à nouveau droit à une recette riche en hémoglobine, teintée d'expérimentations sonores très étranges. Je me rappelle avoir apprécié les morceaux du split avec One Second Riot, cette fois-ci, je dois avouer qu'il aura fallu quelques écoutes pour franchement entrer dans le trip. Et en plein été, quand le soleil brille à longueur de journée, ce n'est vraiment pas évident de se plonger dans un voyage aussi sombre, voire lugubre. M'enfin, j'ai fini par me lancer !
Si l'on décortique un peu cette galette, on se rend vite compte que Sofy Major a traîné avec One Second Riot. Je dis ça parce que les samples et les bidouillages, deux spécialités du duo parisien, viennent prêter main-forte à la musique des Clermontois sur ce disque. À part ça, chaque chanson semble avoir son truc propre. « Meurtre à Lezoux » contient une intro terrible, la minimaliste « Endive » nous envoie quasi dans l'espace, tant ça bidouille de tous les côtés, « Need a Spank » (meilleur morceau du EP à mon avis) frappe un grand coup, avec son enchaînement de riffs sublimes, appuyé par une voix samplée pour le moins inquiétante, et enfin « Satan » clôt le voyage en propulsant l'auditeur dans une transe ténébreuse.
Du bon matos donc, je dois juste avouer que ces quelques morceaux peuvent s'avérer éprouvants à écouter pour ma part. Même en ayant l'habitude de me pencher sur des musiques peu accessibles. Ah oui, c'est dommage que les paroles ne soient pas inclues, je suis assez curieux de savoir de quoi parle « Endive » !


STNT

C'est de CLERMONT FERRAND qui nous vient ce magnifique pressage gatefold. C'est la deuxième fois cette semaine qu'on me parle de CLERMONT FERRAND, la première étant samedi soir au concert des mythiques BATS à Nantes. (Néo zélandais et artisan mélodiste du non moins mythique FLYING NUN RECORDS...) Bref, là n'est pas le propos, et leurs univers complètement à l'opposé. Nous voici donc en compagnie de SOFY MAJOR, pressage sur une face, mono faciès tout construit en décrescendo. D'un début classique HxC Noise (BOTCH / UNSANE / Tantrum etc...) facon tout le monde, on se dirige petit à petit vers un univers plus personnel. De larsens maîtrisés et inquiétants sur - endive - (bonne trouvaille et traitement au poil...), SOFY MAJOR amène petit à petit des parties mélodiques dans ce machin abrasif et charmeur, le tout pour finir en apothéose sur -SATAN- , avec une batterie toute effacée (et qui prend ainsi tout son envol), une voix en accalmie, des guitares laissant l'atmosphère s'étendre, une espace et un nouveau monde à explorer. La pochette sérigraphiée est magnifique (Brian Cougar), l'univers de plus en plus personnel et j'ai bien hâte d'entendre (et de voir) la suite. Bravo.


Triste Temps

Sofy Major continue son petit bonhomme de chemin. Après un premier EP et des splits avec les groupes One Second Riot et Her Breath on Glass, ils nous reviennent avec un maxi 12" 4 titres. De disque en disque les Clermontois ont su faire évoluer leur style pour arriver à se forger un son et une identité qui leur sont propres. Aujourd'hui leur hardcore noisy n'est pas très éloigné des groupes sortis chez Hydra Head et je dirais même que par moment il y a un petit coté Unsane dans leur musique.
Avec ces 4 titres ils nous plongent dans un univers oppressant et tout en tension. Il faut dire que les différents samples qui garnissent l'ensemble de ce maxi participent grandement à cette atmosphère de fin du monde. La production est de très bonne qualité et colle parfaitement à ce style de musique. Elle est ni trop propre, ni trop crade. Je me laisse donc facilement embarquer par la musique de Sofy Major. Les trois premiers morceaux sont un cocktail détonnant de riffs aiguisés au couteau, d'une basse puissante et d'une voix hurlée qui ne tombe jamais dans la caricature. Le dernier titre est quant à lui un peu différent des autres. Beaucoup plus atmosphérique que ces compères et sans chant hurlé, il conclut ce disque avec une petite touche de douceur. Au final, Sofy Major a l'intelligence de se renouveler à chacun de ses morceaux et ne s'enferme pas dans un processus routinier qui aurait pu leur être fatal. Ils nous offrent ici quatre titres variés qui s'emboîtent les uns aux autres pour former un disque cohérent du début à la fin.


Visual Music

Sofy Major, ça vous dit quelque chose ? Mais si, souvenez-vous: avant qu'il y ait ce moustachu vous invitant à écouter Oüi fm 2, VisualMusic vous proposait d'écouter un de leurs titres, "Mange tes morts", dans le Jukebox. Ceux qui y auront jeté une oreille se souviendront d'un screamo fielleux et noisy bien foutu bien que peu novateur. Nous retrouvons donc les clermontois avec un nouvel EP 4 titres où ils ont décidé de varier quelque peu leurs horizons.

"Meurtre à Lezoux" ouvre le bal avec une intro oppressante, débouchant sur un rythme lourd, des riffs rock'n roll, un chant hurlé et un final estampillé rockin' hardcore qui fera grand plaisir aux orphelins des Houston Swing Engine (dont je fais naturellement partie). Après un départ aussi brut de décoffrage, les excursions noisy englobant le martellement martial et froid d' "Endive" ont de quoi désorienter l'auditeur prêt à secouer la tête au prochain riff salvateur. Les choses reviennent dans l'ordre avec un "Need a spank?" lancinant et aux intonations étonnamment proche d'un Deftones. Les différentes phases du morceaux s'enchainent très naturellement, prenant soin de placer quelques breaks heavy tout en faisant la part belle aux guitares claires. Le dernier morceau, "Satan" est le seul titre chanté. Bien qu'à la limite du bruitisme, on distingue clairement un rythme lent et lourd qui, avec la voix étouffée du chanteur, dégage une atmosphère suffocante. Intéressant, bien que difficile à appréhender.

Sofy Major a joué la carte de la diversité, ce qui est, avouons le, plutôt déroutant sur un EP de 4 titres. Pourtant, si les français n'arrivent pas forcement à convaincre de leur totale polyvalence, ils montrent une maîtrise de leur sujet qui laissent entrevoir de belles choses devant eux.


Zicazine

Sofy Major évolue dans le noise hardcore et pour cette formation clermontoise, tourner à l'international n'a plus de secret puisque c'est dans pas moins de six pays d'Europe que Bastien au chant, Seb à la guitare, Manak à la basse, Julien aux drums et Etienne aux éléments numériques sont aller faire entendre leur musique durant environ soixante dix concerts. Avec en poche pas moins de trois efforts auxquels viennent s'ajouter divers splits avec One Second Riot ou Her Breath On Class et en attendant de se fendre d'un tribute à Tantrum en compagnie de Knut, Membrane ou encore Cortez, ces jeunes sauvages élevés sous le regard condescendant du Bibendum nous sortent un tout nouveau maxi, non pas par manque d'inspiration puisqu'il y a chez Sofy Major de quoi alimenter des piles de disques mais juste par volonté d'utiliser au mieux ses maigres moyens dans une plus pure tradition Do It Yourself qui ne nuit en rien à la qualité d'ensemble de leur production ...

Petit budget et grosse volonté font souvent bon ménage et c'est en mettant tout son poids dans la balance pour la faire pencher du bon côté que Sofy Major s'est contenté de nous poser quatre pièces saignantes au possible et énergisantes en diable. Appelée à voir le jour sous la forme d'un joli vinyle de douze pouces, la rondelle tombée chez nous en format digital ne manque pourtant pas de séduire avec ses quatre brûlots bien hardcore, des morceaux dans lesquels les voix se font malsaines et dérangeantes mais où les musiques ne sont pas en reste tant les dissonances et les saturations contribuent à envelopper toute ébauche de mélodie. On en passe par de fabuleuses volées de bois vert dans le genre de « Meurtre à Lezoux », « Endive » ou « Need A Spank ? » pour en arriver à l'oppressant « Satan » que les bonnes âmes américaines n'auraient jadis manqué de se passer et de se repasser dans tous les sens pour voir s'il n'y avait pas là dedans un quelconque message subliminal enjoignant l'auditeur à faire je ne sais quelle monstrueuse abomination ... L'artwork signé Brian Cougar colle au plus juste au contenu et finit de faire de cette nouvelle tartine une superbe carte de visite pour les prochains concerts de Sofy Major. Ca va chier !

com07 - avril 2009

SOFY MAJOR - 12"

~500 copies

Communication Is Not Words / Emergence / IRAE



sofy major - 12

a1. Meurtre à Lezoux

a2. Endive
a3. Need a Spank ?
a4. SATAN


Artworks réalisés par Brian Cougar.

Enregistré à Montpellier, en 2008.