CHRONIQUES


Core And Co

Dans la droite lignée des groupes de post-hardcore/screamo de la scène du Sud de la France (Plebeian Grandstand, I Pilot Daemon, Celeste, feu Spinning Heads, etc...), Einna fait son trou en sortant en 2008 son premier EP, puis en apparaissant sur la très bonne compilation Falling Down. Cet EP de 5 titres pour 30 minutes de musique intense et puissante ne révolutionne certes pas le genre mais apporte sa pierre a l'édifice, et constitue un membre de plus dans les nombreux groupes du genre de qualité dans notre verte contrée.

Afin de partager son univers mélancolique, torturé et piquant, Einna s'arme de mélodies voluptueuses (« Orphée »), de riffs tranchants (« Pan ») et d'un chant arraché du plus bel effet et nous transporte dans un champ de bataille où les sentiments de tristesse, de désespoir sont violents et agonisants. Alliant voix parlées et hurlées a la mort, les textes en Français traduisent un certain mal-être bien servi par les ambiances sombres des 5 morceaux de cet EP.

Le contraste entre les parties calmes et aériennes et les explosions de noirceur lorsque le coeur d'Einna se met a battre a tout rompre n'est pas s'en rappeler le premier Time To Burn ou des ambiances a la Breach, ou encore Buried Inside.

S'il on peut reconnaître une qualité a ce premier effort c'est son efficacité : le son n'est pas dégueu et dessert bien les ambiances à la fois planantes et plombantes des morceaux, sa durée permet de rentrer dedans sans trop d'efforts et n'est pas trop long pour ne pas être redondant. Reste a voir si la bonne impression que l'on à après l'écoute de cet Ep est également présente lors des prestations scénique du groupe.

Un skeud honnête et sympa qui ne bat pas ceux de nos confrères Suisses, mais qui se place facilement à côté des Aside From A Day et autres Appollonia ou SugarTown Cabaret hexagonaux. Bref, un Ep qui mérite sa place dans la discothèque des amateurs du genre, mais qui risque peut être de prendre un peu la poussière sur le long terme.


Fannzic

Dans la lignée d'un BREACH, d'un ISIS ou d'un CULT OF LUNA, ces toulousains nous proposent un EP d'une trentaine de minutes en apnée dans le postcore teinté de screamo. EINNA est un jeune groupe qui arrive dans les bacs avec un premier EP intitulé « Les angoisses d'Arcadie ». L'Arcadie, pour rappel, est une région de Grèce que les poètes de l'Antiquité (Virgile par exemple) décrivaient comme idyllique, peuplée de bergers qui vivaient en harmonie avec la nature. Région qu'on a du mal à imaginer dans l'angoisse, pourtant on sent ce sentiment dans la musique des toulousains d'EINNA, c'est un peu une marque de fabrique du postcore. Cette angoisse est bien menée au long des cinq titres qui savent jouer dans une continuité sans devenir redondants, les influences citées en début de chronique pèsent sans se faire trop insistantes, et permettent à cet EP de révéler un groupe au potentiel certain, peut-être pas encore pleinement assumé.
La production manque un peu de lourdeur, mais on retrouve cette propension du post-hardcore à ne pas laisser un élément clairement supplanter les autres, donnant un côté lisse et monolithique (voire froid) aux morceaux. Ce type de mix suffocant va parfaitement dans le sens de l'effet recherché, et là aussi EINNA rend une copie fort recommandable.
« Les angoisses d'Arcadie » ne souffre pas de défauts réels, le cahier des charges du postcore est respecté, et la réalisation globale de cet EP est satisfaisante. On regrettera peut-être ce côté synthétique du « trop bien fait » et aseptisant qui enveloppe les émotions que la musique devrait dégager, EINNA est sur la bonne voie, la maîtrise est là, il ne reste plus qu'un brin de personnalité pour sortir du lot.


La Horde Noire

La relève est là ! Voilà, au moins ! Une certitude en cette époque formidable... Quand je vois la qualité de la scène française (et de la scène suisse ! Je viens de faire une demande de naturalisation pour les terres helvètes...), je peux vous assurer que j'en viendrais presque à mettre de côté tout semblant de pessimisme(s) !

Einna fait parti de mes derniers coups de coeur/foudre de ces derniers mois. Si pour des raisons de « commodités », je vais leur coller l'étiquette « post-hardcore » (c'est presque devenu diabolique d'employer ce terme !), je tiens néanmoins à préciser qu'un quelconque rapprochement avec les quatre groupes formant ce terme, quelque peu péjoratif, de « Pelicult of Neurisis » serait vraiment, mais alors vraiment, inadapté. Alors oui, et je pense tenir là un sacré scoop, Einna a des influences. Parfois manifeste (je citerai, à titre indicatif SEULEMENT !, Breach, Buried Inside avec ce brûlot qu'est « Chronoclast » et Time to Burn (« Starting Point »), parfois latent (Converge pour ce côté barré « math-... », Cortez pour le jeu de batterie incisif et cette quasi « absence » au mix de la basse), certaines réminiscences interpelleront, plus ou moins violemment, l'auditeur (averti ?) à l'écoute de ce premier EP. Mais ce même auditeur sera également interpellé (et « à coups de marteau ! » .Seven) par la qualité de ces 5 morceaux ! Aiguisée, la musique de ces Toulousains (arrêtez, ça n'explique pas tout !) va mettre progressivement en place un univers tourmenté, passant aussi bien du désespoir exacerbé (« Orphée ») que de l'explosion chaotique (« Eros »). Certaines mélodies juste magnifiques (la fin dantesque du morceau « Il ne reste que des épines », qui m'a rappelé, étonnamment, la fin du film « 28 jours plus tard » ), ou l'on retrouve une sensibilité proche au screamo, mêlées à un jeu de batterie des plus vifs donnent lieu à un résultat explosif, capable de mettre en émoi tout « citoyen » novice en la matière. Ça ne tombe jamais dans une quelconque bouillie : je pense qu'on peut à ce niveau là tous se lever pour applaudir/remercier Sylvin (I Pilot Daemon). Le « chant » de Florent est à classer sur l'étagère « Chant de fou furieux », juste entre Jacob Bannon (Converge) et Eddy (Time to Burn). En voilà un qui, s'il a un jour un petit fiston, devra faire gaffe de ne pas lui gueuler trop fort dessus, comme il le fait avec les copains à la salle de répète : c'est un coup à le martyriser à vie le pauvre gosse ! Humour (discutable...) à part, ce chant crié apporte réellement un plus aux compositions. Si certains passages apparaîtront peut être trop « artificiels » et saturés, c'est de manière globale exactement le type de chant qu'il faut pour ce type de musique : dérangeant et abrasif.

Un premier jet concluant qui est et sera à même de convaincre les plus sceptiques d'entre vous. Si cet EP m'a permis d'attendre un peu plus sagement le successeur de « Chronoclast » de mes canadiens préférés, nul doute que, si l'aventure se poursuit (je précise maintenant : la moitié de la scène connaît actuellement des changements de line-up (Kehlvin, Scold For Wandering, Year of No Light, Amenra et... Einna :changement de bassiste à l'heure ou j'écris ces quelques lignes !)), ils pourraient bien se mettre à gravir petit à petit les échelons de la/cette notoriété tant convoitée. À cela, ajoutez un beau digipack des plus soigné et raffiné, des textes très bien écrits (disons d'obédience CIORANesque) : ces mecs débutent de la plus belle des manières, espérons que la suite ne baisse pas en intensité et confirme leur potentiel ! Chapeau bas messieurs.


Lifeless

L'histoire est un éternel recommencement, les cycles ont beau se succéder, on finit toujours par jeter un regard -même fugace- en arrière. Ainsi, le Toulousain Stanley Millgram devient Einna, qui fut aussi le nom du titre de son premier single démo. Une renaissance sous forme d'hommage, pas vraiment, de toute façon la vie du groupe s'est déroulée principalement sur scène, les seuls témoignage de l'existence du prototype seront des souvenirs. Alors que Einna avec Les Angoisses d'Arcadie passe une étape infranchissable pour son "ancêtre": la mise au monde d'un disque rien qu'à lui. Une épreuve qui va démontrer que le groupe est définitivement orienté vers l'avenir.

Loin des ébauches préliminaires, Einna sublime son ancien avatar. Il transcrit son affection lucide pour le noisecore épique, les aléas du post-hardcore, un hardcore chaotique qui n'insiste pas sur sa nature, et un screamo peu rigoureux. Prône des choix esthétiques pertinents avec une vision artistique réfléchie. Car malgré l' affluence croissante au colloque des groupes de hardcore atmosphérique qui reviennent directement aux convulsions de Breach, en délaissant les contorsions de Neurosis, Les Angoisses d'Arcadie occupe une place de choix parmi les disques équivalents de ces derniers mois.

Prépondérant à l'aisance dont fait preuve Einna, l'opulente batterie se faufile, agile, et frappe avec détermination. Son charisme impose une réactivité à toute épreuve, dope l'intensité des compostions, et déclenche des secousses sismiques qui tirent vers l'avant les guitares ("Pan", ses premières minutes). La mélodie s'incruste, la guitare est ralentie, ses textures s'affinent pour une ambiance d'ivresse ("Orphée") teintée du malaise qui transpire des thèmes abordés. Ils dépeignent une vision désabusée, autiste, parfois revancharde, de la relation à autrui. Avec une dose de désespoir et d'auto-indulgence mélancolique, carburants idéals de vociférations écorchées situées entre la "précision" protéiforme de Jacob Bannon et le screamo.

Les Angoisses d'Arcadie s'en tire avec les honneurs dans son projet de commémoration de Breach presque dix ans après son messianique diptyque Venom et Kollapse. Subalterne à son principe fondateur, l'ep rappel, les You Fail Me et Jane Doe de Converge (sans que les notions de chaos ne soit rééllement invoquées ou qu'elle se substituent à la dominante noise), ainsi que le Starting Point de Time to Burn.

La clairvoyance d'Einna s'étend à l'habillement sonore confié à une personne d'expérience dans le registre (Silvin Suquet au Las Polovegas) puisqu'il est responsable du son exemplaire de I Pilot Daemon -dont il est aussi le guitariste- (Lacrymal) et de Plebeian Grandstand (Basement Apes Industries). L'environnement visuel est aussi fort attrayant, il est réalisé par Thibault B. (de Einna justement?). Rien n'est laissé au hasard, et c'est assez naturellement qu'Einna devrait faire parler de lui comme un nom à suivre.


Magic Fire Music

Un peu de Chaos dans ce monde rose et chatouillant ça vous dit ?
C'est exactement ce que nous propose Einna, une jeune formation originaire de Toulouse. Ce premier EP aux consonances Post Core ne fait pas dans la dentelle pour le plus grand malheur des uns et le plus grand bonheur des autres. Véritable bordel auditif Einna sait pourtant créer un univers bien à lui qui se laisse écouter avec plaisir. C'est d'ailleurs assez étonnant qu'un tel déluge de mélodies (colérique, rageuse, douce, envoutante, angoissante) puissent attirer tant l'auditeur. Le méandre musical hyper complexe ne se laisse pas apprivoiser rapidement mais Einna réussit tout de même l'exploit de prendre -et de surprendre- le public.

L'Arcadie, est une région de Grèce que les poètes de l'Antiquité imaginaient comme idyllique, peuplée d'hommes qui vivaient en harmonie totale avec la nature. Région qu'on a du mal à imaginer aussi propice au repos à l'écoute de cet EP. Ici effectivement, comme l'indique le titre du disque, l'endroit semble plutôt être le lieu de rites obscurs où le sol serait juché d'âmes en quête de rédemption.
Les Toulousains sont en effet très doués pour marier la violence avec des ambiances pesantes. C'est en effet le cas sur la plupart des compositions de l'EP. C'est, je pense, le chant qui crée ce coté extrême, alors que la musique quant elle, est plus lourde, plus obscure, surtout lors des passages Post-Rock ("Orphée", "Il ne reste que des Epines").
Convulsions, dilatations des pupilles, accélération du rythme cardiaque, envie de meurtre, le groupe déploie tant d'énergie que le cerveau perd le contrôle. Haine et désespoir se lient dans cette effroyable aventure lyrique qu'est L'Angoisse d'Arcadie.

Converge aurait forniquer avec Isis pour nous donner ce rejeton bâtard que cela ne m'étonnerait pas. Einna aurait aussi pu être le frère jumeau de Comity, formation tout autant barrée en provenance de Paris, mais qui erre aujourd'hui.
Espérons juste que Einna ne suive pas ce chemin, cela serait bien dommage et dommageable.


Metalorgie

Pénétrer le dédale des tourments humains, affronter les doutes d'Eros, les certitudes et la condescendance d'Orphée, le désespoir de Pan avec, comme unique échappatoire à une inexorable descente vers les abîmes, le sommeil et son monde onirique...

"C'est au milieu des faunes qu'on devient malicieux" et l'invite d'Einna à se laisser submerger par les vapeurs virgiliennes des Angoisses d'Arcadie ne l'est pas moins. Des premiers échos résonnants évocateurs d'un chaos où s'entrechoquent atomes botchiens et breachiens, où s'écoulent nappes de basalte laissées par Buried Inside, Einna défie la routine postcore avec entrain et puissance, mettant à mal ses entrailles jusqu'à l'irréversible déchirement. Un chaos sonique, cisaillé par des accords dissonnants et des structures asymétriques qui viennent accentuer la corrosion d'une atmosphère souillée à laquelle le flow spoken word de Florent apporte une dimension irréelle, presque incantatoire.
Passé le temps de la fureur, vient celui de l'apaisement et de la torpeur. Einna se laisse progressivement envahir par l'inévitable rencontre entre Cult Of Luna et Isis, plongeant Les angoisses d'Arcadie dans une dimension plus éthérée mais aussi plus conventionnelle dans laquelle les toulousains manquent s'engluer ("Orphée") avant de s'en extirper avec force ("Pan").

Certes le caractère n'est pas encore totalement affirmé. Einna apparaît encore trop largement tributaire de ses influences et la production pêche un peu par manque de densité là où l'ep méritait certainement une explosivité plus efficiente. Néanmoins Les angoisses d'Arcadie apparaîssent d'ores et déjà comme le premier chapitre d'une oeuvre qu'on a envie de voir croître et évoluer sans retenue.


Musik Industry

Le style d'Einna est partagé entre hardcore chaotique et post métal, une sorte de petite rencontre entre Breach et Cult of Luna pour situer approximativement le truc. Déjà le digipack est magnifique, c'est toujours appréciable. Niveau musique, même s'il me semble que "Eros" n'est pas celui des 5 titres qui donnera la meilleure entrée en matière possible, ce premier morceau pose les bases, le son est plutôt chargé et les hurlements saturés semblent annoncer l'apocalypse. La suite est quand même bien meilleure car les bonnes idées foisonnent et j'ai quelquefois été surpris par la tournure de certains plans bien pensés. "Orphée" par exemple, qui balance 5 planantes minutes que n'aurait pas renié Isis ou Pelican, avant que le chant ne vienne faire exploser toute la violence contenue. Bon, rien de bien nouveau, on se doute de ce que les membres du groupe écoutent mais c'est fichtrement bien foutu. Le chant est quand à lui en français et les textes sont plutôt bons mais il faut tout de même s'armer du digipack pour espérer y comprendre quelque chose. La production manque un poil de lourdeur mais c'est pas bien grave.
Ce qui me chagrine en revanche, c'est plutôt le son de la batterie qui manque de chaleur et le jeu du batteur qui est quelque peu chargé. Et c'est bien dommage car même si sa technique est irréprochable, ça peut rendre certaines parties carrément indigestes.

Quelques défauts donc mais à part ça Einna se paye une sacrée entrée en scène avec "Les Angoisses d'Arcadie", premier maxi d'un groupe dont on est en droit d'attendre beaucoup au prochain disque.


Noisy Town

Encore des gens qui ont trop écouté Botch et Converge. Et encore des toulousains. On ne compte même plus les multiples formations de musique dite extrême en provenance de cette ville. Doit y avoir un truc de particulier là bas. Dans tous les cas, même s'il y a un nouveau groupe de post-hardcore qui nait chaque jour quelque part dans le monde (ou peut être uniquement en France ?), Einna a bien fait d'exister. Depuis son artwork jusqu'aux dernières notes de "Pan", Einna cherche à en mettre plein la vue en nous faisant traverser un chemin particulièrement chaotique. Et plus on avance, plus on s'approche tout doucement de la Suède, en croisant souvent le fantome de Breach.

Les toulousains ont opté pour un démarrage violent, toutes les pires angoisses crachées durant les premières minutes. Ça peut être dure à avaler mais Einna fini par maîtriser sa rage et cesse d'exploser. Et c'est là qu'on se retrouve en plein "Orphée", un bien long morceau presque instrumental et quelque part entre Breach et Cult of Luna, dans tous les cas on reste en Suède. On prend alors le temps de savourer les paysages froids et obscurs du pays. Un agréable moment qui part en fumée peu avant la fin, Einna ne pouvant retenir sa rage plus longtemps. Les deux derniers morceaux de l'EP continuent d'avancer sous une forte pluie, la route toujours aussi sinueuse et la rage devenant de plus en plus forte sur "Pan". Les cinq titres semblent n'en former qu'un, illustrant un profond dégout et malaise retracé tout au long de l'EP.

Alors qu'on devient complètement blasé par tous ces groupes qui font la même chose, Einna sauve largement la mise avec son premier EP puissant et captivant. C'est si bien fait qu'on en oublie même les influences parfois trop marquées. Dommage par contre que le groupe n'ait pu bénéficier d'une meilleure production, même si c'est déjà très bon mais pas assez pour souligner l'intensité et la lourdeur de leur musique. Un début prometteur.


Pavillon 666

A l'heure de l'uniformisation musicale, à l'ère des artistes jetables et au moment où le débat sur le téléchargement n'est on ne peu plus d'actualité, comment redonner le goût au public à aimer la musique ? et bien tout simplement déjàen faisant de la bonne (musique) et en réalisant des efforts pour la présenter de la plus belle manière qui soit, deux objectifs accomplis assurément par Einna.
Pour leur premier Ep, les français ont ainsi mis les petits plats dans les grands pour nous présenter « Les angoisses d'Arcadie », un disque bichonné, choyé, dont la présentation en superbe digipack incite d'elle-même à l'écoute.

Du post core vibrant et saisissant (« Eros »), voilà ce qui coule dans les veines d'Einna, la formation sachant allier parfaitement les atmosphères oppressantes des guitares et les passages plus ambiant (et la beauté d' « Orphée »). Dérangeants, prenants, les vocaux hurlés et torturés jaillissent, accentuant la violence mise en avant dans la dissonance rageuse des compositions. Voilà que les mélodies se faufilent entre le chaos jaillissant de mille écorchures, mettant en avant des influences que le Culte de la Lune ne renierait pas.
Exécuté avec une concentration technique palpable, le disque n'est cependant pas sans mettre en évidence une production qui pourrait être plus musclée, mais dont le son abrasif colle plutôt bien à la musique produite. L'émotion, bien présente, est cependant moins psychiquement éprouvante que celle véhiculée par des groupes tels qu'Overmars (inutile d'aller jusqu'en Suède pour trouver du post de qualité) même si le personnage du solitaire se prenant la tête entre les mains en hurlant chère à la scène core se distingue ici sans trop de problèmes.

Flirtant encore d'un peu trop près avec les conventions d'un genre, Einna n'aurait cependant pas pu rêver mieux comme entrée en matière, s'offrant avec « les angoisses d'Arcadie » une carte de visite luxueuse ; la quête du son ultime se poursuit donc, son issue n'en est assurément pas loin.


Pepper Zone

Je ne sais pas d'ou est issus ce titre ô combien mystérieux, mais j'aime beaucoup, au même titre que le trés beau digipack balancé par le label swarm of nails, toujours aussi soucieux d'offrir autant du visuel que de l'auditif. Jeune groupe toulousain qui sort son premier maxi. En tous point excellent, je ne dirais en l'occurence que du bien des angoisses d'arcadie. 5 titres, c'est court, mais à aucun moment le maxi n'indispose. Un album entier aurait peut être été plus dur à gérer. Disgréssions noise, grosse base hardcore "chaotique", puis des passages plus post hardcore atmosphérique, comme pour relacher la pression aprés la rage. J'ai lu que les influences du combo était trop marqué. Certes elles le sont, mais c'est super bien fait. Et les amateurs du genre vont pleinement apprécié. Beaucoup de noms viennent en tête à l'écoute : Breach (flagrant), Botch, Old man Gloom, Knut, etc...au final, un excellent départ de Einna, on attend de voir la suite.


Pogoslam

Dans la vie, il y a des questions existencielles auxquelles il est difficile de répondre. Par exemple qui de l'oeuf ou de la poule est arrivé en premier? Ou encore pourquoi les charts en France font si peur à voir? Pourquoi est-ce qu'il y plein de groupes sympas de gros metal dans le nord de la France? Et pourquoi y a-t-il tant d'excellents groupes affiliés hardcore à Toulouse?

Il sera donc là impossible de répondre à tout ça mais c'est l'ultime question qui va nous intéresser car nous voici face au dernier rejeton en date enfanté dans la ville rose. Einna poursuit donc la voie tracée par leurs compères I Pilot Daemon, Plebeian Grandstand et autres Senor Flores prouvant que l'air toulousain donne une certaine envie d'en découdre sur scène... et sur CD cette fois-ci.

"Les Angoisses d'Arcadie" est donc la première livraison de ce jeune combo monté suite au split de Stanley Millgram. Artwork soigné avec quelques réminiscences symétriques d'un Seldon Hunt, le digipack est un bien bel objet. Voyons donc si le rendu musical est d'une aussi bonne constitution...

Oh ça oui! Einna n'a pas cherché à donné dans le chaos sonore destructuré comme ses amis I Pilot Daemon et Plebeian Grandstand mais à plutôt aller fouiller dans un post-core abrasif. Cependant Einna là aussi se démarque de la majorité de ces groupes qui éclosent de l'oeuf pondu par la poulette Cult Of NeurIsis et ce, en allant chercher des influences plutôt vers les débuts de la triplette magique.

Même si les quleques passages instrumentaux s'inscrivent logiquement dans cette optique post-core (l'intro de "Ophee" par exemple), c'est en mettant en place un aspect brut accolé aux compos plutôt atmosphériques que Einna marque de son empreinte le genre. Retrouvant le côté furieux d'un Buried Inside ou d'un Time To Burn par les vocaux arrachés de son chanteur, la musique du groupe voit alors son côté agressif croître.

Servis par une prod aux petits oignons signée Silvin Suquet (I Pilot Daemon), les toulousains marquent les esprits tel un plaquage d'un de leur rugbyman avec "Les Angoisses d'Arcadie", oscillant entre dissonances et mélodies mais surtout avec une rage omniprésente et pourvoyeuse d'émotions. Bref, encore du très prometteur en provenance de la ville rose... mais comment font-ils?!


Records Reviewers Are Pretentious Assholes

J'aime vraiment pas le son de batterie. Tout étouffé, manquant cruellement de puissance. Le gazier derrière son kit a pas l'air d'être un manche en plus, il joue bien et sait emmener le reste du groupe dans le déluge. Y'a aussi de très bons riffs mélodiques, des arpèges qui s'entremêlent pour former de véritables pièces guitaristiques épiques. Mais dans l'ensemble j'ai du mal à apprécier ces cinq titres à leur juste valeur. Leur hardcore chaotique est vraiment pas mauvais pourtant, se situant aux confluences de BURNT BY THE SUN et KISS IT GOODBYE (je vois large), avec une pincée d'influences Lyonnaises qui le font bien (CELESTE). Peut-être que le problème vient de moi, en fait. Peut-être que mes oreilles se fatiguent. Peut-être que j'ai juste envie d'écouter autre chose à l'orée de mes trente piges et que ce genre de musique ne m'excite plus autant qu'il y a dix ans (je pourrais en dire de même du screamo et de l'emo). Et peut-être que c'est pas si grave, au final.


Shoot Me Again

EINNA est un groupe français formé fin 2006 et qui sort avec « Les Angoisses d'Arcadie » son premier CD. Celui-ci a été enregistré, mixé et masterisé par Silvin Suquet ( I Pilot Daemon , Dona Confuse , Plebeian Grandstand...). Au total 5 titres inclus dans un digipack 3 volets au graphisme assez sympathique.

Musicalement, EINNA fait partie de la grande famille du post-hardcore. Mais on est pas seulement dans la constructions d'atmosphères plombées qui trainent en longueur. EINNA semble aimer le chaos sursaturé et l'urgence nerveuse d'une puissance musicale à partager. Entre atmosphères plombées et riffs brutaux on retrouve même quelques mélodies bien arrachées ici et là. Niveau comparaison, j'accrocherais EINNA à coté d'OLD MAN GLOOM, CONVERGE , TIME TO BURN , KNUT , BOTCH et BREACH .

Ce premier disque d' EINNA nous balance un post-hardcore abrasif où les mélodies saturées et torturées s'acouplent à un chaos bien maîtrisé, une recette bien connue mais qui bien jouée ne peut que plaire. Un groupe français que l'on croirait tout droit sorti de la scène suédoise ou allemande! Textes très bons, j'ai un faible pour « il ne reste que des épines ». Bravo les gars, ce premier disque est bien réussi!


The Noise Times

Avec son premier E.P., EINNA rencontre un problème de taille : ce hardcore-là, beaucoup de gens le font très bien depuis un petit moment. Même à Toulouse, patrie du groupe, la concurrence est rude : PLEBEIAN GRANDSTAND vient tout juste de sortir un E.P. et l'on guette avec impatience ce qu'il va advenir des excellents I PILOT DAEMON. Certes, EINNA n'est pas une copie carbone de ces deux-là. Mais le déluge de cris et de guitares en est indéniablement voisin et, si cela ne suffisait pas, Les Angoisses d'Arcadie sort des studios Laspollovegas, où l'expertise de Silvin Suquet a déjà fait ses preuves justement sur les deux groupes susmentionnés. La tentation est donc grande de réduire EINNA au rang d'ersatz.

Pourtant, si le novice peinera à se contenter des subtilités qui différencient EINNA du reste des groupes inspirés par les BREACH et autres CONVERGE, le connaisseur trouvera sans doute chez les toulousains de quoi le satisfaire. EINNA a pour particularité première d'être d'une densité assez rare, sans pour autant être foncièrement chaotique. Les deux guitares, si elles s'autorisent quelques volées de notes claires, se caractérisent globalement par une masse saturée qui mériterait d'être mieux mise en avant. On a parfois l'impression que les six cordes ont du mal à s'imposer sur la batterie, qui prend peut-être trop de libertés. C'est que le batteur n'est pas sans une virtuosité qui, à bien des occasions, sauve superbement EINNA d'un certain conformisme. Mais à plusieurs reprises, il étouffe les guitares à vouloir trop en faire.

C'est d'autant plus regrettable que ce batteur fou ne sonne pas toujours très élégamment. Sur Eros, la pluie de caisse claire qui accompagne l'ouverture du morceau manque cruellement de finesse : on la croirait « triggée » (cette technique permet que chaque coup de caisse claire déclenche un son générique dans le logiciel, de sorte que chaque frappe a alors la même intensité. Ca n'est pas toujours du plus bel effet.). On pourrait aussi reprocher au son de cet E.P. de ne guère laisser la basse s'exprimer, mais il faut être honnête : malgré tous les griefs évoqués, le résultat global est honorable, dans la mesure où l'identité sonore est cohérente et surtout, l'énergie bien présente. Si l'on a senti Silvin Suquet plus à son aise dans l'enregistrement des disques de son groupe I PILOT DAEMON, son travail sur Les Angoisses d'Arcadie permet tout de même de trouver quelques motifs de réjouissance lors de l'écoute.

Ainsi, sans rien inventer, EINNA a néanmoins le grand mérite de faire preuve d'efficacité. Certes, l'introduction d'Orphée est quelque peu convenue, mais cette progression mélodique habile a de fortes chances d'envoûter l'auditeur qui aurait le malheur d'avoir un penchant pour ce genre de jolies longueurs. Pan se révèle d'une belle inspiration, avec un thème simple mais redoutable qui s'étale après deux minutes. Souvent, on apprécie que le groupe entretienne une certaine dynamique au sein de ses morceaux, ménageant des accalmies et des acmés (comme sur 12 livres de chair).

Dans un autre registre, on peut saluer la présence sur le digipack des paroles -en français- de chaque titre, ce qui est assez rare en matière de braillards coreux. Evidemment, les textes rechignent à évoquer des après-midi de juillet passés à siroter des cocktails au bord de la piscine, puisqu'il est surtout question d'introspections sanglantes et d'isolement. Parfois, cela se perd dans des formulations pataudes, mais parfois, il y a de la justesse, une certaine fluidité même (Orphée). Le risque est grand, avec l'usage du français, de sombrer dans l'utilisation d'adjectifs banals, d'expressions assez convenues. Mais au moins EINNA ne lésine pas dans l'intention : malgré leurs défauts, les textes éveillent l'attention du lecteur et semblent la plupart du temps procéder directement de la rage émanant de la musique.

Si ce premier E.P. est loin d'être parfait, il y a néanmoins chez EINNA suffisamment de talent pour qu'on écoute Les Angoisses d'Arcadie sans déplaisir. Il faut maintenant que le groupe affine son style pour s'élever au dessus de la mêlée.


Triste Temps

Ce disque d'Einna, groupe originaire de Toulouse formé en 2006, fait vraiment plaisir à écouter. On ne peut pas dire que l'on reçoit une tonne de disques, mais parmi les quelques exemplaires qui arrivent jusque dans ma boite aux lettres, seul très peu de groupes arrivent à retenir mon attention. Il est vrai que je suis quelque peu difficile et j'avoue que parfois je manque carrément d'ouverture. Mais merde quoi ! Triste Temps a une certaine cohérence dans son ensemble. Et si nous avons décidé dès le départ de ne chroniquer que des disques que nous aimons, c'est uniquement pour une question de subjectivité. Un disque que nous n'aimons pas n'est pas forcément mauvais, c'est juste qu'il ne correspond pas aux critères musicaux qui nous font triper, point barre. Nous ne possédons pas la science infuse en matière de musique, ni nous ni personne d'ailleurs. Mais revenons à Einna car je me suis un peu écarté de mon sujet. Je sais pas ce qui m'arrive depuis quelques mois déjà, je suis un peu sur les nerfs et j'ai besoin que ça sorte !
Les gars, à quelques exceptions près, officiaient dans un groupe nommé Stanley Millgram avant de créer Einna. J'avoue que je ne connais pas ce groupe mais ceci explique sûrement en grande partie la maîtrise du combo ainsi qu'une certaine maturité qui émane des 5 titres de ce disque. Et pourtant, après avoir lu la bio du groupe c'était pas gagné en ce qui me concerne ! Hum... un groupe se définissant dans un genre post-core (plutôt post-hardcore pour ma part) n'a pas vraiment de chance en tombant sur moi. Le genre ayant tendance à sérieusement me lasser. Mais là pour le coup je m'incline. Le groupe dégage une réelle puissance grâce à une production bien grasse et des voix qui se déchirent littéralement dans vos enceintes. La maîtrise est totale ! Einna évite aussi habilement les riffs déjà 1000 fois entendus dans ce genre en faisant preuve d'une certaine originalité. Attention le groupe n'a rien inventé non plus. Mais là où certains se prennent les pieds dans le plat (cette expression est d'ailleurs bizarre et ne me semble pas vouloir dire grand chose) ils arrivent à tirer aisément leur épingle du jeu (putain mais celle-là non plus ne veut rien dire !). Enfin vous m'aurez compris, ce premier jet des Toulousains et hautement recommandable. Peut être un groupe qui va me réconcilier avec le genre...


VS

Stanley Millgram est mort, vive Stanley Millgram. Revoilà le combo toulousain réincarné sous la forme d'Einna, même équipée, et même créneau. Sauf qu'au jeu des 7 erreurs, on sent bien que Stanley Millgram était le premier jet, le brouillon qui préfigurerait le style d'Einna, tant "Les Angoisses D'Arcadie" sonnent abouti et réfléchi en comparaison. Exit donc le chant clair plus que limite, on étoffe les compos, on gonfle le son, et nous voilà face à un nouveau groupe sur lequel on va pouvoir compter dans le style, preuve en est leur participation à la compilation Falling Down aux côtés des poids lourds du créneau.

Quel créneau d'ailleurs ? Post hardcore chaotique. Les influences ? Pas des moindres. Pas besoin de test ADN pour prouver la paternité du ch'tiot, l'affiliation avec les Canadiens Buried Inside era "Chronoclast" sera inévitable. Mais vu que le daron m'a déçu depuis "Suspect Symmetry", le gamin reprend le flambeau et c'est pas plus mal. Et a un batteur qui tabasse autant. On songera également aux difficilement contournables Breach, à nos fabuleux Year Of No Light nationaux, voire à un négatif des regrettés Eden Maine, puisque pour le côté lumineux, on pourra se brosser.

Car ici pas la peine d'espérer voir la lumière au bout du tunnel, elle a grillé depuis longtemps. Ville Rose, climat morose. D'où ces ambiances âpres et peu guillerettes chères à Buried Inside, j'y associe d'ailleurs toujours la couleur vert-de-gris à l'écoute, il en va de même pour eux, 'fallait pas se fier au bleu ciel de la pochette... Les compos ont le bon goût d'éviter toute longueur superflue (ho, 5 titres pour 30min00 chrono, ils déconnent pas!), et les gaziers ont bien (trop?) quadrillé leur terrain de jeu. Mais l'avantage de ne savoir que trop bien de quoi l'on parle, c'est que l'on peut se permettre de brouiller les pistes, et là-dessus les gaziers ont suffisamment travaillé l'agencement des compos, toujours fluide, pour nous offrir bien plus qu'une simple redite. Preuve en est l'intensité qui émane de la galette, témoignage du côté sincère et viscéral de leur musique.

Et cette intensité, ils savent la ménager, en n'hésitant pas à la diluer dans des accalmies mélodiques et autres spoken words en françé. Tiens, tant qu'on y est, dommage pour la voix qui se fait un peu trop noyée dans le mix comme chez Year Of No Light, même si j'imagine que c'est un parti pris, elle aurait mérité à mon humble avis d'être plus mise en valeur. Ah, et je vous prierai d'agréer, Monsieur le batteur, l'expression de mes sincères salutations, puisque ce dernier se montre très très volubile derrière ses fûts et sait placer le plan qui fait mouche (les blasts sur "Eros", right place right time). Après la production, oeuvre de Silvin d'I Pilot Daemon, est nickel, très soignée, comme peut l'être l'artwork du digipack, bien classe même si là encore un poil trop ancré dans les canons du style. Donc il reste plus qu'à affiner les influences à tous les niveaux, elles sont là mais ils ne s'en cachent pas, et à l'échelle de l'album on devrait encore moins rigoler...


W-Fenec

Avant, pour cautériser une plaie, on pouvait y aller au fer blanc, c'était certes un peu barbare, mais l'efficacité de la technique avait été largement éprouvée. Désormais, comme autre mode alternatif (afin d'éviter les sacro-saintes maladies nosocomiales...), on a Einna. Un gentil quintet toulousain avec une curieuse définition de l'amour qu'il met en pratique sur le très romantique mais néanmoins brutal "Eros". Accouplement auditif sauvage, fusion incandescente des corps et grosse décharge de riffs qui font mâle. La sensiblerie est peut-être ici de mise, ce n'est pas vraiment la première chose qui frappe à l'écoute du premier titre de Les angoisses d'Arcadie. D'ailleurs à propos de frapper, les frenchies y vont gaiment. Un coup sec derrière la nuque et il n'y paraîtra plus. Mais si on peut également piétiner son adversaire, c'est évidemment encore mieux. Le fauve aiguise griffes et crocs. L'appétit vient en dévorant... "12 Livres de chair" débarque sur la platine instaurer le règne du chaos et de la désolation. La bête est lâchée, les dommages collatéraux sont à la limite de l'indicible. Car Einna exsude ici une violence brute aux tourments émotionnels insondables.
Une fusion transcendantale d'un Botch qui aurait flirté avec Converge, d'un Breach qui copulerait fougueusement avec Time to Burn et Plebeian Grandstand dans une orgie de dissonances et de riffs corrosifs. Convulsions asymétriques, déviances animales, batterie foudroyante et rage destructrice, le groupe déverse des torrents de haine et des flots de désespoir, en enfonçant ses compos dans un magma métal hardcore noisy tellurique. Vociférations screamo écorchées vives, le groupe vient affronter Hadès dans son royaume pour venger la mort d'Eurydice (un "Orphée" mythologique d'anthologie...). Oppressant, le quintet toulousain délivre quelques passages atmosphériques qui contrastent littéralement avec le postcore cathartique dont Einna est ici l'instigateur ("Il ne reste que des épines"). On pense à Knut, Neurosis, Celeste et Old Man Gloom, mais le groupe parvient à sortir son épingle du jeu tout en continuant à matraquer nos tympans de ses guitares corrodantes, maintenant la pression en nous enfermant dans son labyrinthe mental ("Pan"...). Cinq titres puisant leur l'inspiration dans les flammes de l'enfer, autant de brûlots purificateurs suintant la haine par tous les pores de son épiderme, les toulousains conservent leur emprise sur cet EP au digipack élégant et à la puissance de feu rare... Classe.

com04 - juin 2008

EINNA - Les Angoisses d'Arcadie

Communication Is Not Words / Swarm Of Nails



einna - les angoisses d'arcadie

1. Eros
2. 12 livres de chair
3. Orphée
4. Il ne reste que des épines

5. Pan


Artworks réalisés par Thibault B.

Enregistré à Toulouse par Silvin SUQUET, entre mai et décembre 2007.