CHRONIQUES


Core And Co

"EP", voilà comment les membres de L'HOMME PUMA ont appelé ce cd. Etrange me direz-vous, étant donné qu'il comporte 10 titres. Oui mais voilà, réellement, ce sont 6 morceaux seulement auxquels nous avons le droit, et 4 interludes.

Et commençons tout de suite par le mauvais point : ces interludes. Autant sur les premières écoutes, je me disais qu'elles semblaient intéressantes, autant elles m'ont vite gavées par la suite. Sur les 5 premiers titres, il y en a 3 (en comptant l'intro), et c'est beaucoup trop. Composées de samples de films à la MICROFILM, il n'y a aucune concordance entre ces passages vocaux et on s'ennuie ferme. Même l'utilisation du générique de "amicalement vôtre" n'y change rien. Bref, autant sur le split avec SUGARTOWN CABARET j'avais trouvé ça sympa, autant là, c'est lourd.
Heureusement, L'HOMME PUMA ne se résume pas à ça. Et quand les vraies compos pointent le bout de leur nez, on peut dire que ça fait plaisir. Toujours dans un screamo rock avec paroles en français, je pense toujours à AMANDA WOODWARD en les écoutant, ou un GANTZ première version, mais ce serait un peu trop réducteur. Car le groupe s'entache d'un côté post-rock vraiment bien foutu ("prélude d'un baiser"), la voix n'apparissant souvent que par parcimonie ici et là. Le côté "gratte pas trop saturée" me plait bien également, avec la voix hurlée par dessus, les DRAFT ne sont pas loin. Mon titre préféré sur cet album se nomme "Solidaire dans sa déchéance", avec sa multitude de changement d'ambiances et de rythmes. Dans ces titres, l'utilisation de passages de films me gêne moins, du fait de l'association à des guitares et batterie. "L"homme respectable" n'est pas loin non plus avec ses riffs de gratte calmes mais super efficaces.

Bref, quand ça joue, L'HOMME PUMA assure vraiment ! Leur screamo-post-rock (!) mérite vraiment qu'on s'y attarde et les paroles en français ajoutent un certain charme à tout ça (même si la plupart du temps, il est difficile de comprendre ce que le chanteur dit). Une très bonne continuité à leur split précédent, qui n'augure que du bon pour le groupe. Sans interludes, j'aurais certainement mis 8 ou plus à cet EP.


dMute

C'est peut-être idiosyncrasique. Ou, mieux : c'est peut-être idiot de ma part. Je pourrais m'écouter écouter cette musique et me dire : "Non, c'est vraiment idiot. Il n'y a que toi pour penser ça".

C'est possible.

J'en viens au fait : à chaque fois, c'est la même chose, comme cette fois, je m'en souviens, la première, quand j'ai entendu L'Homme Puma sur scène. Je me l'étais déjà dit alors. Je m'étais dit que musicalement, on pouvait compter ce groupe parmi ce qui se faisait de mieux dans, disons, le rock indé. Ou plutôt : le rock indé instrumental. Musicalement, il y a quelque chose dans ce groupe qu'on ne retrouve pas ailleurs. Une manière d'attacher un son hardcore ou presque - c'est-à-dire : violent, mais ça ne veut rien dire, la violence musicale, l'agressivité de la sueur sur les cordes et les toms quand on est soumis à la violence visuelle et verbale et politique et caetera, tous les jours que Dieu fait - à des samples, des synthés qui, rapportés à la musique dans laquelle ils prennent forme, semblent et sont littéralement sortis de nulle part. Une manière d'harmoniser les contraires, si l'on veut. Du moins, c'est comme ça que je l'entends. Une manière d'harmoniser les contraires, et de faire sonner chaque contraire à son maximum, qui est vraiment exceptionnelle.

De ce point de vue-là, depuis cette écoute-là, aucun doute, L'Homme Puma est un groupe du super-héros. C'est clair. Sauf que cette écoute-là n'est qu'une écoute partielle. Elle ignore cette voix qui chante en hurlant ou inversement. Or, cette voix-là, c'est idiot, mais je ne peux pas l'entendre. Ce ne sont pas les textes en français - que le groupe a eu la délicatesse d'esprit de glisser dans le disque - c'est donc qu'ils veulent dire quelque chose - comme ils ne signent rien, je parle d'eux comme une entité - non, c'est la manière de les présenter. C'est-à-dire : ce ne sont pas les hurlements qui me déplaisent, mais le fait qu'une voix "chanthurle" ainsi. C'est idiot.

On ne donne pas de conseils aux musiciens. On ne leur dit pas : "Faites plutôt ceci que cela". Non. On les écoute, on leur prête attention quand on sent qu'ils en valent la peine. Et puis, parfois - parce qu'on ne peut pas faire autrement - on leur fait des reproches. Simplement parce qu'on ne peut pas faire autrement. Et non pas parce qu'on ne les aime pas.


Inactuelles

Après les samis, un puma, rien ne va plus ? Nous n'allons pourtant pas en Amérique, territoire de ces grands chats, ni au cinéma voir "L'incroyable homme-puma", mais l'objet arrive bien d'une autre planète comme le personnage du film. L'Homme-puma, né en 2005, regroupe des musiciens français qui créent un univers hybride, ancré dans le rock, voire le hard-rock, mais traversé de courants bruitiste, dub, électronique, émaillé de collages très divers. Le résultat est un disque étonnant, fort, halluciné, qui sonne comme un acte de révolte contre l'uniformisation : la phrase "Bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique" hante l'oeuvre, chantée entre hurlements et murmures, simples déclamations, en français (alors que des échantillons de textes anglais servent parfois de fond). Un disque que j'associerais volontiers, en dépit des différences, avec Des lumières sous la pluie, du groupe rennais Psykick Lyrikah (à écouter absolument si vous ne le connaissez pas encore !). Précipitez-vous sur son site, comme lui vous grimperez aux arbres !


Krinein

L'Homme Puma, combo parisien d'emblée sympathique puisqu'il tire son nom d'un nanar italien de 1980 (avec Aldo Maccione, plus d'infos sur Nanarland), a failli passer par la case découverte. Mais comme leur EP de « naissance » est paru il y a une paire du mois et qu'il mérite amplement qu'on lui trifouille les entrailles, on a décidé de les faire passer directement sur le billard. Éponyme, ce disque impose une personnalité où les références ludiques au 7e Art se télescopent avec de douloureuses exactions vocales, où un parfum d'apocalypse embaume des extraits de poèmes. Bref, un premier effort aussi intéressant que flippant, bien plus que bon nombre de pitreries satanistes ou gansta.

Il faut dire qu'en débutant sur des extraits d'interview de Charles Manson (leader de la Manson Family qui assassina entre autres la femme de Roman Polanski), la formation n'inspire pas la paix et installe d'emblée une atmosphère étouffante et instable. Laquelle se verra par la suite confirmée par une quantité pharaonique de samples et clins d'oeils : Barry Lyndon, Full Metal Jacket, le thème de The Persuaders! (6h22 un 20 septembre), Las Vegas Parano, des citations de Charles Bukowski... Il serait tentant d'y voir de gratuits collages, destinés à légitimer le bagage culturel du groupe, si sa musique n'était pas aussi cohérente, unifiée par un même sentiment de frustration et une tension qui ne s'évaporent que rarement (même s'il y a bien quelques longueurs conceptuelles). Sur le plan instrumental, les amateurs de Shellac et autres rockers qui ont fait des dissonances, contrepieds et autres figures complexes des cartes de visite (comme From Monument to Masses), ne seront pas dépaysés : guitare et basse comme des métaux qu'on entrechoque, batterie sèchement bastonnée, des climats variables à la mode post-rock, et une voix qui ne se montre pas trop. Mais quand elle le fait, on la remarque, point d'inquiétude à avoir à ce sujet. Puisant également dans le screamo le plus rageur et torturé, les musiciens voient en effet leurs tapisseries de ferraille littéralement trouées de hurlements extrêmes.

De quoi rendre inintelligible une plume écorchée et décadente, mais peu mémorable, tant et si bien que ce n'en est pas dommageable (quelques tournures sont plus dignes d'un lycéen en colère que d'un auteur en plein malaise). De fait, puisque cette écriture qui ne peut rivaliser avec ceux qu'elle nomme ne peut venir perturber la machinerie, les dix pistes (dont quelques interludes) n'en sont que plus fracassantes : Toute pudeur mise à part, L'Homme respectable ou Solidaire dans la déchéance et ses choeurs monastiques sont ainsi d'épatantes manifestation d'une bande-son qui peut aussi bien se mouvoir dans le brouillard que se pavaner dans le chaos, prendre le temps de respirer que se vider de son souffle en quelques secondes de fureur. L'Homme Puma joue bien c'est certain, et malgré d'évidentes filiations, parvient à proposer plus que la moyenne de ses confrères matheux/gueulards. L'Éloge des petites mains, colossale conclusion où les coups de boutoir répondent à une déclamation jusqu'au déchirement final, pourrait à elle seule convaincre les sceptiques.

Les parisiens seraient probablement très à leur aise dans l'exercice du ciné-concert. En se positionnant à la croisée des disciplines, en laissant s'exprimer ses tripes, assumant dignement son héritage et tentant du donner du sens à son travail (qu'on aurait plus apprécié s'il avait été aphone, soumis uniquement à de bestiaux onomatopées ou entièrement fondé sur les discours d'autrui) L'Homme Puma se creuse une petite niche à part sur la scène française. Baptême houleux mais réussi donc.


Les Eternels

« Tony Farms, un archéologue, manque de ne pas survivre à sa surprise lorsqu'il voit surgir dans son musée londonien un authentique Aztèque. Celui-ci le jette par la fenêtre du troisième étage, mais il s'en tire sans la moindre égratignure et remonte rapidement les trois étages pour apprendre de la bouche même de son agressif visiteur qu'il n'est autre que l'homme-puma, arrivé d'une lointaine planète....»

Formation parisienne née en 2005, L'Homme Puma ne possède que deux choses en rapport avec le nanar dont le synopsis introduit cette chronique : d'une part, ils partagent le même nom, d'autre part, le groupe évolue non loin de l'univers cinématographique. Et plus encore. Ainsi, ce premier EP éponyme est introduit par une citation attribuée à Charles Manson : « Remorse for what? You people have done everything in the world to me. Doesn't that give me equal right [...]», à laquelle s'associent divers vocaux tirés de films, de bruitages, de nappes et de mélodies de piano, ainsi même qu'un extrait de chant grégorien. L'Homme Puma montre en un titre son talent pour l'orchestration à base de samples, le résultat étant véritablement plaisant sur ce premier morceau, qui après trois minutes, laisse place aux musiciens.

L'aspect bruitiste/sampling du groupe mis à part, l'Homme Puma tape dans un post-rock principalement instrumental qui n'est pas sans rappeler la musique de Red Sparowes : arpèges et leads de guitare mâtinés de delay et de saturation légère, basse présente, tant dans les graves que dans les aigus pour faire office de lead et batterie oscillant entre rythmes tribaux, sobriété et complexité, d'un côté, accalmies apaisantes, montées progressives et explosions se rapprochant plus du post-hardcore de l'autre. L'ensemble est parfaitement coordonné, les musiciens sont carrés au possible et les différents climats s'enchaînent sans heurter. À cela s'ajoute un chant clair rappelant le post-core de Minsk et un chant screamo, éraillé à souhait, qui hurle des textes entre vers libres et parfois traditionnels (voire même une citation de Charles Bukowski dans le dernier titre intitulé "Éloge des petites mains") et s'accorde parfaitement à l'ensemble.

Ces deux aspects sont certes plein de qualités, mais leur principal attrait vient de leur fusion. L'Homme Puma semble l'avoir remarqué sur certains titres qui sont parmi les plus réussis, où le post-rock des Parisiens se marie parfaitement avec les citations de films, parfois simultanément (le premier « vrai » morceau "Votre règne s'achève", "L'Homme respectable"), parfois séparément (le très bon et dernier titre "Éloge des petites mains"). Globalement, les autres titres restent trop cloîtrés dans leurs registres, entre collages de samples et musique. On se retrouve alors plus avec un enchaînement de morceaux « classiques » et de compositions faisant parfois plus office d'interludes qu'autre chose. Heureusement, l'ensemble s'enchaîne sans choquer et l'on se voit passer du final hurlé et énergique de "Prélude d'un baiser" à l'étonnant "6h22 un 20 septembre" qui a l'audace de mélanger la voix d'un muezzin au générique d'Amicalement Vôtre !

L'Homme Puma montre avec cet EP éponyme un véritable talent, tant dans la création de compositions à base de collages de citations sonores que dans son post-rock maîtrisé, jouissant au passage d'une production somme toute réussie, malgré des problèmes de saturation sur certains titres. À noter que le groupe est désormais sans chanteur et a décidé de poursuivre sa voie vers une musique plus instrumentale, dans laquelle les samples vocaux ont toutefois toujours leur place. Un groupe à suivre.


Metalorgie

Ecce Homo. Voici l'Homme (Puma). Voici L'oeuvre, celle qu'on peut regarder toute sa vie avec le sentiment de devoir accompli. Annoncé comme prometteur grâce à un split de bonne facture, l'Homme Puma signe son retour avec un EP dix titres et balaye nos espérances pour aller au delà.

Conçu comme une tour de Babel au sein de laquelle voix étrangères et langages venus d'ailleurs s'entremêlent, l'HP nous livre sa version du monde sur fond d'apocalypse (annoncé par le croassement funeste des corbeaux chers à Kurosawa ). Le concept de l'édifice est savamment pensé, médité, élaboré au gré des métamorphoses du plomb et des propriétés du sang. Entre interludes et titres évolutifs, les parisiens usent de tous les artifices, réunissent tous les arts (poésie, avec les poèmes de Bukowski ou Diop ; cinéma, instrumentale, écriture) et font parler au final tous les éléments de la technologie moderne pour révéler la multiplicité de l'Expression (samples, reprises de thèmes musicaux, extraits de discours ou d'oeuvres cinématographiques : on reconnaît ainsi pèle mêle des passages de Full Metal Jacket, Barry Lindon, La Ligne Rouge, Las Vegas Parano, Amadeus, Sexy Beast, Clue). La première main tendue s'ouvre sur un piano : "Wyniki Tlumaczenia Dabrowski". Les noises abondent, grésillent, avant qu'une lumière sacrée nous recouvre de chants grégoriens. My(s)thique. Certains groupes dans le passé avaient déjà procédé à l'intrusion du cinéma dans le musical (Graf Orlock, Microfilm), mais ici il n'est nul question de bricolage, de montage ou de simples lancements de morceaux ; toutes les bribes du 7e Art s'intègrent au projet, y font corps et au final le constitue.

Enigmatique ("La jungle d'Alcaraz"), parfois angoissant, souvent jubilatoire, comme sur "6h22 un 20 Septembre" et la reprise du thème "d'Amicalement Vôtre" au piano, l'Homme Puma n'en n'oublie pas pour autant ses racines screamo et pousse la gueulante à chaque prise de micro.
(G)riffs acérées, colères salies, baisers mêlés de nausée, l'EP positionne ses auteurs dans la tradition de ce hardcore désespéré et décadent ( "même si je ne crois plus en rien" [...] "Les yeux fermés, je m'éteins"). Au chant, la gorge toujours raclée, on retrouve ces arrachements vocaux proches de ceux de Daitro ou Belle Epoque. A ce titre, l'entame de "l'Homme Respectable" ou la conclusion de "Toute Pudeur Mise A Part" remettra en ambiance tout ceux qui avaient aimé la rage animale déployée dans "Etchika Choureau".

Proche de Gantz pour l'approche multitfacette du screamo mais également de From Monument To Masses pour les expérimentations instrumentales, l'Homme Puma s'émancipe avec ce EP de ses influences et touche à la grâce en mettant toutes ses tripes, ses sources d'inspiration et son vécu dans le même calice. L'alchimie trouvée, l'or découvert (teintes du myspace et du package très classe), c'est désormais une nouvelle porte qui s'ouvre pour le screamo.


Nawak Posse

Plus vite que la lumière, plus fort que l'ouragan... L'HOMME PUMA ! Non, nous n'allons pas parler du film d'Alberto De Martino mais plutôt du groupe de screamo cinématographique originaire de notre capitale. Le groupe nous livre ici un premier EP 10-titres de 40 minutes, de quoi se lécher les babines.
Après la récente collaboration sur split avec SUGARTOWN CABARET, le quatuor nous revient avec un premier EP (plus LP que EP) qui s'écoute véritablement comme si on se regardait un bon film. Formellement, L'HOMME PUMA signe dans une certaine originalité, je dirais plutôt dans une soi-disant originalité. Le groupe emploie aussi brillamment que d'autres, des samples, des extraits, ou des bandes originales de films ou de séries. L'originalité résiderait plutôt derrière cette barrière brumeuse de samples, dans la musicalité, une sorte de brillant mélange de Post rock / postcore et de screamo.
Je discerne que ce groupe renvoie déjà une très bonne nature rien qu'avec leurs compositions et que ces dernières se suffisent entièrement à elles-mêmes. La musique se conduit vers un screamo emoïque français à la AMANDA WOODWARD, DAÏTRO, AUSSITOT MORT avec des gimmicks qui me font pas mal penser à FALL OF TROY et une tonalité générale analogue à ANOMIE, des touches de synthé par-ci par-là viennent greffer encore plus d'individualité au combo, dès lors rajouter des samples devient véritablement abusif et superflu. D'autant plus que tout ce savoureux bordel n'est pas des mieux incorporé aux compositions, je trouve que c'est un peu bâclé sans pour autant être regrettable ; par moment cela se portionne démesurément dans tous les sens et le manque de cohérence se fait sentir.
Pourtant, suite à une écoute approfondie de ce CD, on commence à comprendre la chose, certains ponts et certains couplets deviennent plus clairs ; allons plus loin pour les cinéphiles, ce CD devient un bon blind-test pour vous évaluer (et d'ailleurs je ne vous donnerais pas de solutions ici). Spéciale ovation pour la partie d'intégration du générique d' " Amicalement votre " et la partie qui s'en suit de même, pour les passages choisis de l'interview de Charles Manson pour ouvrir cet éponyme.
Petit à petit, au fil des premières écoutes, on commence à se rendre compte de la cohérence entre l'idée non musicale et l'atmosphère développée par les chansons, ce n'est pas une cohérence au premier degré mais préférablement au second que l'on ne comprend qu'après coup ; cette effet là m'ébahit indubitablement. On comprend donc au bout d'un temps que le groupe a bel et bien compris l'aspect d'agglomération des samplers à la musique et que cela devient un exercice tant aisé que l'on pourrait dire que L'HOMME PUMA arrive aussi brillamment à intégrer ces parties sons que MICROFILM. Comme quoi des fois, avant de juger un CD au dix premières écoutes, on peut uniquement le découvrir et véritablement l'apprécier bien après et ce pour sa dimension artistique et émotionnelle. En espérant voir une suite à ce bien joli film...
En clair, L'HOMME PUMA est un félin bien robuste et bien consubstantiel, arrivé à marcher sur un terrain si boueux sans s'enfoncer, bravo. A première vue, le CD est dur d'approche mais au final, il est une véritable réussite auditive. Fans de screamo, plaisir garanti, pareille si vous aimez Burroughs.


Next Clues

Après un split avec Sugartown Cabaret, Pumaman passe à la longue durée avec un dix titres qui ressemble à une suite décousue de séquences cinématographiques qui auraient été découpées et recollées accidentellement. Non non non, je ne veux pas du tout parler de cut-up musical, Throbbing Gristle (attention au tout nouveau disque de s/he, très surprenant !) a déjà fait ça mieux que quiconque. La (dé?)construction de cet album sans nom s'est faite autour des différents visages du puma humain qui tour à tour propose de l'instru space-rock à ambiances qui servent à accompagner des samples de (micro)films, du post-rock souple et accessible, et de soudaines amplifications screamo, assez rares pour être efficaces et percutantes - vraiment pas mal de ce côté-là, surtout pour moi qui abhorre ce genre. Le chant est gueulé de belle façon - à ce que l'on ne comprenne que dalle à ce qu'il dit, alors que les textes, en français et retranscrits à l'intérieur du digipack, sont d'une poésie jeune et en colère, pas mauvaise du tout ! Puis il disparaît, l'intensité retombe, des bruits inquiétants annoncent l'entrée d'un dialogue de film, en anglais ou en français, suivi par un piano (magnifique plagiat de l'intro de "Amicalement vôtre" sur la 5) et de doux arpèges qui se transforment vite en accords glorieux sur fond de rythmiques parfois dub. Quand la boucle est bouclée, on reprend la même et on recommence une série, et ce pendant quarante minutes. La formule pourra lasser, mais en contrepartie les Pumas offrent suffisamment de diversité pour tenir l'auditeur en éveil.


Noisy Town

C'est dans un contexte quasi 100 % cinématographique que se présente L'Homme Puma dont le nom est sans aucun doute issu du puma man d'Alberto de Martino. Après avoir partagé un CD avec Sugartown Cabaret, L'Homme Puma sort son premier EP éponyme qu'on pourrait presque qualifier d'album compte tenu de sa longueur (une quarantaine de minute). Autant passionné par la musique que le 7e art, L'Homme Puma glisse sous sa musique riche et intense de multiples répliques de film qui se fondent à merveille derrière les guitares. Ca rend la musique complètement différente. A mi chemin entre From Monument to Masses et Gantz, le rock instrumental ambiant ne s'est jamais aussi bien entendu avec le screamo qu'ici. Pas indescriptible mais pas non plus facile à décrire, la musique de L'Homme Puma joue beaucoup sur les ambiances, rôle tenu par le post-rock, et l'émotion, interprété par le screamo. Ca hurle mais pas trop non plus, juste comme il le faut et agréablement, parfois entrecoupé par un chant parlé proche d'Amanda Woodward ("Solidaire Dans La Déchéance", "Toute Pudeur Mise À Part").

Du générique d'Amicalement Votre admirablement reproduit au piano sur "6h22 Un 20 Septembre" aux quelques accents dub qui apparaissent ici ou là ("L'homme Respectable", "Prélude d'un baiser"), notre Homme Puma touche à touche et le fait super bien. Loin de l'aspect kitsch de l'Homme Puma du réalisateur italien (un extrait du film ici), celui de Paris frôle la perfection et n'a absolument rien de ridicule. Il devient même le vrai héro d'une nouvelle forme du screamo que Gantz avait déjà plus ou moins exploité dans sa Chambre des Morts. Mélancoliquement beau, l'EP se veut riche en émotions mais surtout sincère sur sa vision des choses et du monde actuel. Les paroles et les répliques choisies ne sont pas là par hasard. L'Homme Puma sait capter notre attention et c'est ainsi que l'EP tourne en boucle sans jamais vouloir laisser faiblir ses mélodies mélancoliques et son ambiance magique.


Records Reviewers Are Pretentious Assholes

Ce groupe a toujours eu ma sympathie du fait d'un choix de patronyme aussi subtil que référentiel. Puis on a joué ensemble à Toulon et j'ai été quelque peu déçu. Set long et pas passionnant. Arrive ce disque dans ma boîte à lettres. Y'a du mieux. Une ambiance complexe et dense, adroitement construite à base de samples et de belles parties instrumentales aériennes (6h22 Un 20 Septembre est, à ce titre, exemplaire). Quand ça s'énerve, ça rappelle HOT CROSS avec Gérôme d'AMANDA WOODWARD au chant. Y'a de très bons morceaux (Prélude d'Un Baiser, Solidaire Dans La Déchéance) et d'autres plus dispensables. Le chant est à revoir et ne transmet rien de plus que ce que les instrumentations apportent déjà. Certains textes font mouche (L'Homme Respectable, Votre Règne s'Achève) tandis que d'autres s'enlisent dans un verbiage inutile. A leur décharge, les Parisiens ont le mérite de vouloir innover et de proposer autre chose qu'un disque composé de 10 chansons. Une demie réussite en ce qui me concerne.


Shoot Me Again

Après un premier split CD partagé avec SUGARTOWN CABARET , les parisiens de L'HOMME PUMA nous reviennent avec un premier album 10 titres. Album « s/t » sortis sur Communication Is Not Words.

On y retrouve tous les ingrédients déjà présents dans leur split CD. Des tonnes de samples de films, en anglais et en français. Des trucs géniaux et souvent très prenant une fois combinés à la musique.

Dès le début de la première plage, « Wyniki tlumaczenia Dabrowski », on se croit engagé dans un album post-rock. Une musique ambient où le sample prend une partie importante de la création. Extrait généralement bien mixé ensemble sans trop avoir l'impression de copier/coller des samples pour meubler les morceaux. Non tout cela est bien ficelé.

A partir de la deuxième plage, « Votre Règne s'achève », on est dans un style de post-rock surfant allègrement entre post-hardcore, le screamo, la noise. C'est délicieux. Réellement, moi j'accroche vraiment bien à leur disque. Mélangeant rythmique limite dub, avec des samples, entremêlés de bruitages, nappes sonores, et extraits de films qui font du coup inévitablement penser à un mélange entre FROM MONUMENT TO MASSES avec MICROFILM . Mais cela ne s'arrête pas là. Le jeux général, les mélodies, et la manière de chanter donne un ton très screamo à la française. On pense à des groupes issus de la scène de Caen, comme AMANDA WOODWARD pour ne citer que le plus connu. Entre cris et chant parlé. Entre trame sonore planante et rythmique énergique. Entre joie et tristesse. Ce disque nous offre un panel large d'émotions en condensé. Un vrais plaisir!

Et puis il y'a des plages, tenant plus de l'intermède, comme « 6h22 un 20 septembre » qui sont un vrais régal. Mais aussi, des titres comme « L'homme respectable » qui feront plus penser à du ISIS dans les constructions et l'appel aux envols post-hardcore.

Enfin soit, vous l'aurez vu, le panel du groupe est large, tout en mélodies, ambiances, cris et chant. Un monde riche en diversité. Et même si par certaines choses on pensera inévitablement à certains groupes, on ne peut qu'applaudir le travail créatif de L'HOMME PUMA ainsi que le mélange réussis de toutes ces influences aussi diverses les unes que les autres.


Triste Temps

L'Homme Puma ne s'arrête plus. Après avoir sorti un split en compagnie de Sugartown Cabaret il y a à peine 3 mois, les voilà de retour avec leur premier EP 10 titres. Apparemment ils ne veulent pas perdre de temps et n'ont pas envie de se reposer sur leurs lauriers. Mais pour être honnête j'avais une petit interrogation avant d'écouter cette nouvelle sortie à savoir si elle n'était pas un peu précipitée ? J'avais un peu peur que leurs compos souffrent d'un certain "bâclage". Finalement, j'avais tout faux car force est de constater qu'ils ont fait un gros travail pour sortir un disque en tout point soigné.
Le premier contact avec cet EP passe par son artwork qui est plutôt bien senti car il colle parfaitement avec la musique que l'on retrouve à l'intérieur du joli digipack. Une musique qui est au confluent du screamo et du post-rock où les mélodies aérées côtoient des ambiances plus tendues. Le côté screamo vient principalement de l'intonation de la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Gérôme d'Amanda Woodward. Les textes sont d'ailleurs écris en Français et sont propre à ce style de musique, donc pas trop ma came en fait. Mais l'univers de L'Homme Puma ne s'arrête pas là car ils mixent leur musique avec divers samples ce qui les démarquent des autres groupes du genre. Que ce soit de simples bruits ou bien encore des discours (tirés en grande partie de films), ces samples donnent une ambiance personnelle à chacun de leurs morceaux. D'ailleurs sur les 10 titres que comportent cet EP il y en a quelques uns qui ont été exclusivement composés à base de samples. Mention spéciale pour "6h22 un 20 septembre" qui est un très joli interlude et qui lance parfaitement le titre "Solidaire dans la déchéance". Ce dernier est pour moi le morceau le mieux réussi car il a un petit coté From Monument to Masses pas dégueu du tout. Bon, c'est vrai que certains titres ne sont pas autant accrocheurs que celui-là, je pense notamment à "La jungle d'Alcaraz", mais rassurez-vous l'ensemble du disque est plus qu'honorable et reste très agréable à écouter.
En tout cas, cet EP nous démontre que L'Homme Puma est un groupe avec un véritable potentiel ! Je suis maintenant assez curieux de savoir comment vont sonner leurs prochaines productions. Affaire à suivre donc...


W-Fenec

L'Homme Puma c'est une claque de plus pour ma pomme, assez amateur d'émo écor(e)cheur, très touché par les post trucs (post-rock et post-hardcore). Le combo évolue entre ces deux eaux, dans un tiroir que l'on appellerait bien "post-emo-core" si on avait que ça à foutre que de cataloguer les styles musicaux. L'Homme Puma c'est simplement une nouvelle "petite tuerie" dans la lignée de Tang ou Burning Each Day, deux combos qui n'ont pas peur d'exposer des sentiments non seulement au travers d'un chant qui joue avec les tripes mais aussi en laissant parler les instruments et les samples. Ici, le chant, s'il est impeccable dans ses parties emo/screamo (Caen est la ville d'Amanda Woodward, on fait pire comme modèle...) n'est presque qu'un accessoire, les textes souvent incompréhensibles (même en français) mais écrits sur le digipak, sont donc instrumentalisés. Ce sont des éructations qui renforcent la tension, l'expression des frustrations, des déceptions et du pessimisme ambiant ("Solidaire dans la déchéance", "L'homme respectable"). Le chant est donc un instrument pour mettre en lumière le désarroi, il complète la musique qui par son côté chaotique apporte de grandes éclaircies quand les guitares s'élancent dans l'inconnu et que leurs sons clairs viennent nous cisailler le bide. Les voix qu'on entend le plus sur L'homme puma sont celles qui proviennent de samples : ici un discours de Charles Manson ("Wyniki tlumaczenia dabrowski"), là un enregistrement totalement stressant ("6h22 un 20 septembre") mélangé au générique d'Amicalement Votre au piano et à des sonneries de téléphone, des films cultes (dont au moins deux Kubrick : Full Metal Jacket et Barry Lyndon, "Toute pudeur mise à part") et même un extrait de Charles Bukowski ("Eloge des petites mains").
La folie comme la réflexion tiennent une grande place dans le message délivré par L'homme puma, à l'image de l'artwork, c'est un message travaillé qui nécessite de l'attention, du discernement, un message parfois crypté ("Un week-end au lac Salmon"), un message aux lectures et interprétations multiples, un message qui nous laisse libre.
Bluffant.

com02 - avril 2007

L'HOMME PUMA - CD EP



l'homme puma - cd ep

1. Wyniki tlumaczenia Dabrowski
2. Votre règne s'achève
3. La jungle d'Alcaraz
4. Prélude d'un baiser
5. 6h22 un 20 septembre [mp3 | ogg]
6. Solidaire dans la déchéance [mp3 | ogg]
7. Toute pudeur mise à part [mp3 | ogg]
8. Un week-end au lac Salmon
9. L'homme respectable
10. Eloge des petites mains


Commander le chez INTERPUNK.


Artworks réalisés par Loïc SALMON.

Enregistré à Caen par Rodolphe BESNEHARD, en juin 2006.